25 août 2009
Vis ma vie de fleuriste
Youhouh, un nouvel épisode de Vis ma vie !
Je vous l'avais annoncé à la fin de mon billet "Vis ma vie de présentatrice Tupperware", il y a plus d'un an !
Mais vous commencez à être habitués à ma ponctualité légendaire ^^
Donc parmi les millions (au moins) de métiers que j'ai exercé dans ma vie, il y a celui de fleuriste. C'est un métier qui fait déjà plus rêver que présentatrice Tupperware ou caissière hôtesse de caisse... n'est-ce pas ? :)
Comment est-ce donc possible alors que point de diplôme de fleuriste ne figure sur mon CV ?
Et bien tout simplement car il s'agissait d'un job "étudiant" (payé au black d'ailleurs) que j'exerçais tous les dimanches au marché !
J'ai donc été fleuriste pendant environ 3 ans, de 16 à 19 ans.
Pendant 3 ans, je me suis levée à 6h30 le dimanche matin (ça aurait pu être plus tôt mais j'avais de la chance, je n'installais pas le stand).
Et qui dit lever à 6h30 le dimanche, dit pas de sortie le samedi soir.
En théorie.
Va rester chez toi un samedi soir quand t'as 18 ans -_-
Dans les débuts j'étais sérieuse. Je regardais Buffy (je suis une grosse fan de Buffy devant l'éternel) et j'allais me coucher pour être en forme le lendemain.
Mais au fur et à mesure j'ai commencé à quand même sortir et c'était vraiment DUR le lendemain matin ! (mais j'enregistrais Buffy)
Il m'est même arrivé de faire des nuits blanches et d'enchaîner direct sur le marché. C'est bien simple, j'avais envie de mourir pendant toute la matinée... -_-
Car si je devais retenir une chose (bon allez deux) de ces années passées sur le marché, ce serait la fatigue et le froid. Les deux combinés c'était la mort.
Le plus dur était donc en hiver. Car quand on est fleuriste on a constamment les mains mouillées. Et on souffre.
Alors en plus quand on est super frileux comme moi et qu'on est mort de fatigue, le froid agresse plus que jamais.
En tant que frileuse d'ailleurs, j'étais super équipée : collant, pantalon, sous-pull, gros pull, veste, doudoune sans manche, grosses chaussettes... c'est simple, quand j'allais au marché, je ressemblais à un bibendum !! :D
Quant aux chaussures, j'ai sacrifié plusieurs paires de baskets : elles devenaient rapidement toutes vertes.
Et pour parachever ce look d'enfer, j'avais bien sûr un magnifique tablier vert !!
Au début j'avais vraiment honte de mes bouquets. Je mettais 3 heures à les faire et au final ils ne ressemblaient à rien... les gens devaient être trop déçus d'être tombés sur moi :P
J'avais aussi beaucoup de mal avec le calcul mental pour encaisser les clients rapidement...
Puis avec le temps (assez rapidement finalement) j'ai appris à faire de jolis bouquets en un temps record, à marier les couleurs et les différents types de fleurs, à connaître les spécificités de chaque fleur... et à vraiment conseiller les gens. (et à compter plus vite ! :P)
C'était la partie la plus éclatante de ce job.
Parfois quelqu'un de l'équipe imaginait un bouquet pour un client et tous les clients autour voulaient le même. C'est toujours super flatteur quand il s'agit de votre création !
Et puis il y avait l'ambiance du marché. L'effervescence, la bonne humeur, les vannes entre marchands... (parfois les embrouilles aussi).
Un des trucs difficiles également était de résister à la tentation d'acheter des fleurs (et oui !). Chaque semaine selon les saisons et les arrivages, je mourrais d'envie de me faire des bouquets !
Je le faisais d'ailleurs assez régulièrement (j'avais droit à 50 % de réduc si mes souvenirs sont bons) mais pas trop quand même car c'était ma paie du dimanche qui y passait !
Puis vers 13h, il était temps de démonter le stand : vider les seaux d'eau, les empiler, nettoyer les nappes, ranger les fleurs sur les chariots, charger le camion...
Quand j'arrivais chez moi vers 14h30/15h avec mon dos en vrac (6 heures debout à speeder sans jamais s'asseoir), c'est bien simple j'étais une loque.
Je mangeais et je passais le reste de ma journée à comater dans mon canapé devant la télé (devant mes épisodes de Buffy donc) (je n'avais pas Internet à l'époque :P). Je détestais ça d'ailleurs, ma journée était perdue, mais j'étais trop crevée pour faire autre chose.
Je ne repense pas aussi souvent à mon job de fleuriste qu'à mon job de caissière car il était malgré tout plus "pénible".
En revanche, je prends toujours autant de plaisir à choisir les fleurs qui vont composer les bouquets que j'offre de temps en temps :)
Edit : j'ai oublié de vous parler d'un truc.
Il n'y avait (et c'est toujours le cas) rien qui m'énervais plus que lorsque mes proches ne voyaient pas la différence entre un bouquet industriel acheté dans un supermarché avec 10 fleurs multicolores différentes dedans, et un bouquet aux couleurs et aux formes délicatement choisies comme ceux que nous faisions sur notre stand.
Oh on faisait aussi beaucoup de basiques, ce n'est pas la question, mais il y a une réelle différence entre un bouquet industriel et un bouquet composé chez le fleuriste !
Je me souviens d'un anniversaire de ma soeur où je m'étais pris la tête à composer un bouquet orange et violet (on dit "bleu" pour le violet dans le jargon) que je trouvais magnifique et j'avais bien senti qu'elle ne se rendait pas compte à quel point j'avais travaillé le truc. Sa voisine lui avait offert le genre de bouquet tout prêt que j'exècre et elle ne voyait pas la différence...
Je m'en souviens encore des années après, c'est dire ! :D
(je sais, je suis rien qu'une grosse relou exigeante) (et snob des fleurs) (na)
Edit 2 : 3 jours après avoir publié mon article il y a encore des souvenirs qui me reviennent ! ^^
J'ai oublié de vous parler de l'odeur du vert. Ce n'est pas évident à expliquer mais disons qu'après le marché, je ne sentais pas la fleur mais "le vert". Une espèce d'odeur végétale super tenace et pas forcément très agréable en fait.
D'ailleurs j'avais généralement les ongles verts jusqu'au mardi, malgré l'ardeur dont je faisais preuve pour les laver...
Photo : Rungis International
22 avril 2008
Vis ma vie de... présentatrice Tupperware !
Je vous avais déjà donné un aperçu de mon job de caissière, aujourd'hui je vais vous parler de ma courte expérience de présentatrice Tupperware !
Comme tout le monde je connaissais Tupperware mais c'est grâce à un collègue caissier que j'ai découvert l'envers du décor...
Tout d'abord, sachez que la présentatrice Tupperware gagne bien sa vie. Voire même très bien.
C'est au détour d'une conversation sur nos salaires que cet ami m'a avoué qu'il était présentateur Tupperware à côté et que ça arrondissait grassement ses fins de mois. Il me racontait comment se passaient les "assemblées" le lundi soir à la "concession" où il chantait et dansait à la gloire de Tupperware... (une concession s'apparente à une franchise Tupperware avec sa directrice, sa secrétaire, sa trésorière et son stock de produits Tupperware et l'assemblée est la réunion hebdomadaire de toutes les présentatrices d'une concession).
Intriguée par ce monde apparemment merveilleux qu'est celui de Tupperware mais surtout très motivée par l'appât du gain, je me suis laissée entraîner à l'une de ces assemblées un soir... et croyez-moi, ce soir là j'ai débarqué dans un monde parallèle...
J'avais le statut d'"invitée" par mon ami, ce qui veut dire que je devais être choyée par les présentatrices car j'étais potentiellement un porte-monnaie sur pattes ou une future présentatrice... En effet, les clientes qui sont invitées aux assemblées sont généralement celles qui connaissent bien la marque et qui font souvent des réunions chez elles et qui manifestent l'envie d'en savoir un peu plus, voire de rentrer dans le cercle. Dire qu'on leur force un peu la main pour les enrôler dans le monde merveilleux de Tupperware est un doux euphémisme...
Car chaque présentatrice qui parraine une nouvelle présentatrice gagne des cadeaux. il n'est question que de ça chez Tupperware : les cadeaux. Que l'on soit cliente ou bien présentatrice, on est motivée par les cadeaux.
"Tu te rends compte, si je parraine 2 nouvelles présentatrices ce mois-ci je gagne la nouvelle cave à fromage !!!"
Autant vous dire que ça marche du tonnerre...
Mais revenons-en à cette assemblée. Cela se passe dans les locaux de la concession dans une grande salle avec plein de chaises toutes tournées vers une estrade sur laquelle est installée une véritable cuisine avec évier, frigo et placards et plan de travail, un pupitre pour que la grande prêtresse, la directrice de la concession, puisse s'exprimer, ainsi que des étagères avec des produits Tupperware.
Pour annoncer que la session commence, une des présentatrices lance la musique et là commence le cauchemar... enfin pour moi car elles, elles ont l'air de s'éclater... oui car elles se mettent toutes à danser et chanter ! Mais pas anarchiquement hein ! Non, non, non ! Tous les 2/3 mois une nouvelle chorégraphie est mise en place et tout le monde se doit de l'apprendre et de la performer lors des assemblées ! Quelqu'un qui ne ferait pas la choré serait très mal vu...
A l'époque où j'ai débarqué la chanson du moment était Dragostea Din tei du groupe O-Zone... il fallait les voir se trémousser à la queue leu leu...
Une fois la choré exécutée, tout le monde se rassied bien gentiment et écoute la maîtresse directrice qui va annoncer les résultats de la semaine (les ventes) au niveau de la France (quelles sont les concessions qui ont le plus vendu), de la région et enfin les meilleures présentatrices de la semaine au sein même de la concession.
Tous les mois de nouveaux défis sont lancés : pour tant de ventes, vous gagnez ces produits, pour tant de nouvelles présentatrices dans votre équipe vous gagnez ces produits... et croyez-moi que tout le monde veut les gagner ces produits ! Pas forcément pour sa collection personnelle, non... mais pour pouvoir les revendre ensuite !!! Ce serait un peu long à expliquer ici mais les produits que l'on a déjà en stock ne sont pas des produits à acheter pour les revendre ainsi, si lors d'une réunion une cliente commande un produit que l'on a déjà en stock, on peut le lui donner et changer ensuite sa commande pour acheter d'autres produits (la cliente n'en saura absolument rien).
Si vous n'avez rien compris, c'est pas grave, sachez juste que les commandes des clientes se "trafiquent" afin de récupérer des produits et de se faire plus de thunes ! (mais encore une fois c'est une procédure totalement transparente pour la cliente qui récupérera bien les produits qu'elle a commandé).
Ensuite une charmante présentatrice nous fait une démonstration de recette Tupperware en direct afin que nous puissions la faire lors de nos Ateliers Savoir-faire chez nos clientes.
Les ateliers savoir-faire, ce sont des réunions durant lesquelles nous allons réaliser plusieurs recettes avec les produits Tupperware lors de la réunion chez la cliente. ainsi, tout le monde participe et peut tester les produits avant de les acheter.
Une recette Tupperware est une recette simple et rapide ! Il existe d'ailleurs de nombreux livres de recettes Tupperware.
La deuxième chose qui m'a beaucoup surpris ce sont les travaux manuels. En effet, chaque mois la concession est décorée selon un thème et toutes les équipes sont mises à contribution ! Ainsi lors de la réunion d'équipe chaque mois, on se retrouve à faire des découpages et des collages... et comme les chorés, tout le monde aime ça !!!
Les présentatrices Tupperware sont juste de grandes enfants... qui savent très bien compter !! :P
Je vous parle d'équipes car chaque présentatrice fait partie d'une équipe dirigée par une monitrice. Elle est elle-même présentatrice mais à la différence de ces dernières qui sont récompensées uniquement par des produits Tupperware (et rémunérées à hauteur de 20 % sur chaque vente), la présentatrice touche un pourcentage sur les ventes de son équipe ! Si la monitrice réalise un chiffre d'affaires suffisant elle a aussi droit à une magnifique voiture de fonction (à mon époque une Opel Zafira). Mais attention ! Une petite baisse de régime dans les ventes et adieu veaux, vaches, cochons et surtout voiture de fonction !!! Chez Tupperware tout le monde marche à la carotte !
Bon je critique, je critique mais sincèrement, être présentatrice Tupperware à plein temps c'est un énorme travail et pourtant toutes celles que j'ai rencontrées avaient une telle joie de vivre !
Elles passent énormément de temps sur la route pour aller de réunions en réunions, ensuite il faut s'occuper de toute la paperasse des commandes, aller à la banque déposer les chèques des clientes, aller chercher les produits à la concession pour les ramener chez les clientes et surtout ne pas oublier de faire des relations publiques pour programmer de nouvelles réunions... ! Et tout ça avec le sourire et souvent une vie de femme et de maman à concilier à côté !!
Je pense qu'il est donc essentiel de les motiver ainsi chaque semaine même si ce qui m'a le plus dérangé était que ce soit fait de manière aussi enfantine tournant limite parfois à la secte...
C'est bien simple, une fois que l'on est rentré chez Tupperware, on pense Tupperware, on mange Tupperware, on vit Tupperware !
C'est pourquoi ma carrière de présentatrice a été écourtée assez rapidement. J'ai fait mes 3 réunions obligatoires de débutante mais je n'en ai plus refait ensuite. Tout d'abord parce que je n'aime pas vendre et que je n'arrivais pas à trouver de clientes de toutes façons et ensuite car cette ambiance me pesait, je n'arrivais pas à rentrer dans le moule...
Cependant j'avoue m'être laissée prendre au jeu de la collectionite de Tupperware ! Cette expérience m'aura permis d'en accumuler pas mal et je les adore ! Car oui Tupperware ça coûte cher pour du plastique mais c'est de la super bonne qualité et c'est garanti à vie !!
Voilà, je vous ai résumé mon expérience dans les très grosses lignes dans ce billet très long, il y aurait encore tellement à dire !!
D'ailleurs si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Prochainement : Vis ma vie de fleuriste !
01 février 2008
Vis ma vie de caissière
Aujourd'hui les salariés de la grande distribution sont en grève.
Tout ce qui touche à la grande distribution, a fortiori à ses employés, me touche particulièrement dans la mesure où j'en étais une il y a encore 3 ans.
J'ai intégré la fameuse enseigne Ca****our (mais qui peut donc bien se cacher derrière ce mot tronqué ?!) alors que j'étais en 1ère année de deug de langues. A l'époque j'étais fleuriste sur le marché tous les dimanche depuis déjà 3 ans et une de mes camarade de promo m'a dit qu'elle gagnait pas mal en étant embauchée en contrat étudiant dans cette enseigne.
J'ai donc quitté mon job de fleuriste pour devenir caissière. Oups ! On ne dit pas caissière mais hôtesse de caisse, c'est différent :P
Le contrat étudiant dans mon hyper (c'est le mien là en photo !) consiste à bosser 16h par semaine à raison de 2 soirs (18h - 22h) et le samedi toute la journée (9h - 21h). J'ai tout de suite trouvé ce job sympa, en plus je ne bossais pratiquement qu'avec des étudiants (la tranche 18h - 22h leur est réservée, les caissières à temps plein sont elles obligées d'en faire au moins 1 par semaine) donc l'ambiance était cool.
Je n'ai d'ailleurs pas tardé à succomber aux charmes d'un "roller", le sauveur de ces dames les hôtesses de caisse lorsqu'elles ont un quelconque problème. Il faut savoir que le couple roller / caissière est un classique. C'est même un stéréotype...
Dès qu'une nouvelle caissière arrive, les rollers sont à l'affut en train de lui attribuer une note et de lui venir en aide toutes les 5 minutes même si elle n'en a pas besoin juste pour faire sa connaissance (dans le cas où elle est mignonne bien sûr, sinon ca vaut pas...). Comme vous l'aurez compris, la plupart des rollers étaient donc en couple avec des caissières. Ainsi certains affichaient un tableau de chasse de caissières impressionnant. Le seul hic, c'est que quand l'histoire se finit il faut continuer à bosser ensemble ensuite et savoir rester professionnel mais c'est une autre histoire...
Il aura fallu à peine quelques mois pour que je décroche totalement de la fac (qui était loin et qui ne me passionnait pas plus que ca) et pour que je prenne de plus en plus de "compléments". C'est à dire que je voulais travailler plus pour gagner plus, et ouais, cette notion existait déjà en 2003 :P
D'ailleurs à ce propos, il faut reconnaître que les salariés de mon enseigne ont plein d'avantages (ce qui n'empêche pas le travail d'être pénible et de se faire presser comme des citrons par la direction pour une paie maigrlette en fin de mois). Il y avait l'intéressement mais aussi la participation, les primes, les bons d'achat aux vacances d'été et à Noël... Ce qui rapportait le plus était de travailler les jours fériés et les dimanches (je suis POUR le travail le dimanche, qu'on se le dise). La paie du mois de décembre où nous travaillions 3 dimanches était plutôt pas mal du tout !
Suite à mon abandon de la fac j'ai décidé de me réorienter en BTS en alternance. J'ai donc quitté mon job étudiant en août 2003. Malheureusement, en septembre je n'avais toujours pas d'entreprise (c'est déjà particulièrement dur à trouver, mais dans le domaine de la com qui fonctionne beaucoup avec les stagiaires c'était limite mission impossible...).
En octobre, après 2 mois d'oisiveté (on se dit toujours qu"on aimerait avoir 2 mois de vacances là comme ca pour ne rien faire mais franchement je commencais à dépérir !) et avec plus un rond en poche j'ai donc décidé de bosser pendant un an et de mettre de l'argent de côté (je ne l'ai pas fait mais j'ai refait ma chambre, acheté un ordi... bref j'ai investi).
Je suis donc retournée postuler chez Ca****our pour contrat de 28h cette fois ci. Le gros avantage était que je faisais moi-même mes horaires, le pied !
J'ai découvert une autre facette de mon hyper. Car ne travailler que le soir avec des étudiants et travailler toute la journée avec des caissières "permanentes" ca n'est pas du tout la même ambiance. Et bien figurez-vous que j'ai préféré.
Les chefs déconnaient avec les petits étudiants le soir et le samedi mais le matin à l'ouverture on sentait que c'était nous le nerf de la guerre (je dis ca mais si ca se trouve je suis la seule à avoir perçu les choses comme ca hein). On nous mettait la pression sur les objectifs, les messages à faire passer aux clients, etc...
A partir de là, ma vie a un peu changé. J'étais une caissière, une vraie, c'était devenu mon activité principale. Lorsque je parlais avec certaines nanas qui bossaient là depuis plusieurs années et que je leur disais que c'était juste pour un an, elles me répondaient qu'elles aussi elles s'étaient dit ca à l'époque et que finalement elles étaient toujours là...
Je sentais que je saoulais mes amis avec mes histoires de caisse. Eux étaient à l'école et nos sujets de conversations et nos préoccupations ne convergeaient plus forcément dans la même direction...
Je dis toujours que cette expérience a été très importante pour moi car plonger dans les méandres de la grande distribution m'a fascinée. Il y a de tels efforts de communication interne pour tous nous faire adhérer aux valeurs de l'enseigne et pour pomper notre énergie.. tant et si bien qu'au bout d'un moment notre vie c'est notre hyper. On y travaille, on y fait nos courses, on y a nos amis et on y a nos amours !! (hormis les étudiants, beaucoup de gens étaient d'ailleurs mariés ou en couple de longue date).
Voilà à quoi se résumait ma vie. Mon mec était roller donc je bossais avec lui pratiquement tous les jours, le soir je sortais avec mes collègues et mon jour de repos je venais faire mes courses ! Non sans faire le tour de tous les copains en caisse. Le lavage de cerveau est vraiment impressionant.
Lorsque j'ai posé ma démission en août 2004 juste avant de commencer mon BTS et mon travail dans ma nouvelle entreprise, je commencais à sévèrement péter un plomb. La routine m'usait de plus en plus et le fait de ne plus "réfléchir" autant qu'avant me pesait. Je me sentais inutile et je cherchais mes mots parfois tellement je n'avais plus l'habitude d'utiliser un langage un tant soi peu élaboré... Ca m'a fait ça au bout de 2 ans. Quand je pense que certaines personnes étaient là depuis 20 ans...
Je n'ai malgré tout pas pu m'empêcher d'éprouver une grande tristesse à l'idée de quitter cette communauté à laquelle j'étais attachée... Car une fois qu'on est plus dans le circuit, ca n'est plus pareil. J'ai gardé le contact avec quelques collègues (mais comparé aux centaines de personnes que je cotoyais chaque jour, c'est peu), je continue à faire mes courses dans cet hyper et je trouve toujours quelqu'un à saluer mais ce n'est plus comme avant où je connaissais tout le monde et tout le monde me connaissait. A force de ne plus voir les gens régulièrement on les oublie...
Quand je passe en caisse et que je connais la personne je lui dit bonjour et je regarde si elle me reconnait mais je n'ose plus m'adresser à elle comme avant car je ne fais plus partie de la maison...
Il m'arrive même de faire des détours lorsque je vois quelqu'un au loin que je connais car comme je ne sais pas si elle va me reconnaître à son tour, je ne sais pas comment me comporter...
Je suis quelque peu nostalgique en vous écrivant tout ceci car malgré tout Ca****our aura vraiment été une expérience importante pour moi.
J'aimais toutes les petites opérations de motivation qui avaient lieu, les défis pour gagner des bons d'achat, les photos de nous dans la salle des caisses, les concours de gâteaux pour gagner un ensemble de poêles Tefal...
Ca ne volait pas bien haut et je sais que cela faisait partie de la politique de com interne mais
j'aimais les relations humaines que j'avais avec certains de mes chefs
ou de mes collègues que je n'ai pas forcément retrouvé dans les jobs
qui ont suivi...
J'aimais bien gérer ma caisse, accueillir les clients avec le sourire si possible (oui parce que bon parfois, la caissière a des problèmes et comme tout le monde elle a pas forcément envie de sourire), discuter avec eux, analyser le contenu de leur chariot (qu'est ce que je me marrais intérieurement parfois), bref, j'essayais d'être la caissière devant laquelle j'aurais aimé passer en faisant mes courses.
Et pour être honnête, à chaque fois que je vais faire mes courses dans mon hyper, j'ai toujours envie de me mettre derrière la caisse ne serait-ce que pour passer quelques clients...
C'est grave docteur ?

